Comment transformer la Cuma en pépinière de responsable?

Communiqué de presse du : 

Vendredi 27 Septembre 2019
Les administrateurs stagiaires ou auditeurs c’est la solution la plus évoquée par les Cuma lorsqu’il s’agit d’impliquer graduellement de jeunes adhérents : intégrer au conseil d’administration des administrateurs stagiaires. Seules conditions : avoir déjà repérer quelques candidats potentiels, et avoir leur consentement ! Il peut aussi leur être demandé de garder certains sujets confidentiels. Ces nouvelles recrues assistent aux conseils, peuvent s’y exprimer sans pour autant pouvoir voter. Comme au cours d’une période d’essai, cela permet aux deux parties de se tester sans engagement.
La Cuma des Madeleines
"Si l’on veut que les jeunes s’installent en Cuma, il faut qu’ils puissent s’impliquer", résume Nicolas Billon, le trésorier de la Cuma des Madeleines. Transmettre les rênes de la Cuma à une nouvelle génération, voilà un enjeu important pour de nombreux groupes. Une solution : mettre en place le statut d’ « auditeur » ou d’ « administrateur stagiaire ». C’est d’ailleurs sous cette étiquette que l’actuel président, Romain Marchal, a fait ses armes. « Cela donne la possibilité de participer au conseil d’administration, sans droit de vote » explique-t-il. Il confie : « Au départ, j’étais silencieux, je me contentais d’écouter. Cela m’a permis de me rendre compte, très vite qu’il régnait une ambiance positive dans la Cuma. Les agriculteurs ne sont pas toujours d’accord sur le terrain, notamment dans les secteurs où il existe de la concurrence foncière. Dans la Cuma, on laisse tout ça de côté pour s’intéresser à du technique, à ade l’organisationnel. »   
ANTICIPER

Pour cet agriculteur qui s’est installé en 2004 sur l’exploitation où sa femme a grandi, la Cuma a accéléré son intégration dans le tissu local. « J’ai trouvé tout de suite ma place » estime-t-il. La Cuma lui a permis de se bâtir un réseau d’entraide. A l’approche du départ d’un administrateur, c’est le président, en règle générale, qui passe quelques coups de téléphone pour anticiper le recrutement de nouveaux responsables. « Le statut d’auditeur offre la possibilité de tester un administrateur pendant une période donnée. En un an, on voit si l’auditeur vient ou s’il décroche », complète Romain Marchal. Comme le nombre d’adhérents à tend à se resserrer, la Cuma songe néanmoins à réduire le nombre de sièges dans le conseil, en tablant désormais sur une fourchette de 9 à 12 administrateurs, pour 33 exploitations membres. Cette façon de fonctionner a permis à une nouvelle génération d’émerger, celle des « quarantaines », comme ils se qualifient. A l’image des fondateurs, ils éprouvent toujours autant de plaisirs à travailler en groupe, notamment lors des chantiers d’ensilage, organisé en banque d’entraide. Il s’agit du temps fort de la vie de la Cuma, toujours convivial.

Par Lise Monteillet