Les Cuma achètent : des véhicules de transport

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Les Cuma achètent : des véhicules de transport
Naturellement, le terme de “benne” vient à l’esprit dès que l’on évoque la question du transport. Pourtant, une analyse plus fine des choix récents des Cuma du Grand Est ne permet plus d’utiliser exclusivement ce mot. Les remorques à fond poussant ou tapis accompagnateur apparaissent et cela, combiné avec une augmentation des charges utiles, atteste que le sujet est en mouvement.
Toujours plus gros…

Le constat est clair, en 10 ans le tonnage moyen d’une benne achetée en CUMA à augmenté de 2 tonnes.
Environ 360 “bennes” ont été répertoriées en Grand Est, avec un achat neuf dans 90 % des cas.
Sur les 10 dernières années, la tendance à l’augmentation de tonnage est linéaire, passant de 17.4 à 19.5 to. On peut même remonter plus loin dans l’ancienneté, dans la mesure où les machines ont tendance à être conservées et à entamer au bout de leur amortissement une sorte de “seconde vie”.
Les bennes des années 90/2000 encore en parc étaient des 14 t valant moins de 1000 €/to à l’achat
Dans les années 2000/2010, c’est le modèle 15/16 t qui a eu son heure de gloire à 1150 €/to
et sur la dernière décennie, on retrouve plutôt des 18 à 19 to à 1660 €/to de charge utile..

Des différences selon les marques et les équipements

Sur ce marché, de nombreux acteurs d’envergure différentes sont présents, partant des leaders nationaux comme Rolland, pour aller sur des marques plus fréquentes en zones de grandes cultures comme Huret ou encore Maupu.
Le cahier des charges de chaque groupe aboutit à des montants investis à la tonne de charge utile qui peuvent varier de 1400 à plus de 2200 €, soit de 25000 à près de 40000 € pour une 18 t, 2 essieux.
Derrière cet écart se cachent des options, des choix techniques et des niveaux de finition.
Le train roulant et les pneus sont les principaux éléments pouvant faire varier les prix.
Collectivement, le cahier des charges est à adapter, notamment en zone élevage ou la benne devra tour à tour déplacer du fumier, de l’ensilage ou du grain en moisson.
La question de la polyvalence ou de la fonction spécifique se pose donc, avec aussi les questions de maintien en état et de montage/démontage d’accessoires.
Chaque groupe à ses stratégies, mais finalement on retrouve assez souvent une benne plus ancienne qui "finit" sa vie en restant dans la CUMA pour des tâches un peu plus sales ou difficiles.

Des questions pour demain

Avec l’arrivée de gros outils de récolte (ensileuses, moissonneuses) et la présence de tracteurs toujours plus puissants, le modèle moyen acheté risque encore de grossir.
Déjà présents dans les régions productrices de betteraves ou de pommes de terre, les modèles 3 essieux commencent à percer aussi dans les secteurs ou l’ensilage est important, en lien avec la méthanisation ou l’élevage. (elles représentent environ 10 % du parc et sont âgées de seulement 6 ans en moyenne).
La main d”oeuvre disponible et l’efficacité des chantiers est peut-être aussi un facteur de réflexion dans les choix à venir.
Certaines CUMA se posent aussi de nouvelles questions sur la sécurité et les risques de retournement en choisissant des véhicules à fond poussant nettement plus cher (3000 €/to)
Pour d’autres, ce sera la complémentarité, avec par exemple, des transbordeurs de grain ou encore la question du recours à des “poids lourds routiers” pour compléter un parc agricole selon les distances.
Petite remarque à méditer sur la  question de l’énergie : un tracteur de forte puissance consomme de 80 à 100 l de GNR aux 100km parcourus, alors qu’un poids lourd est à 35 à 40 l, mais avec des contraintes spécifiques de conduite.
Enfin, la logique d’achat d’une benne seule ou d’un parc complet ainsi que la durée de financement possible sont aussi d’éléments à réfléchir.

“Tiens, si un banquier pouvait faire des prêts à taux raisonnable sur 15 ans, nous serions à peine dans la courbe de dépréciation logique de ce genre de matériel avec des tarifs raisonnables…”

 
EA
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