Les Cuma achètent : des tonnes à lisier

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Les Cuma achètent : des tonnes à lisier
Les effluents liquides sont soumis à des règles d’épandage qui ont évolué progressivement pour aboutir à un cahier des charges assez précis. Les CUMA ont eu deux approches, soit attendre l’arrivée des obligations, soit anticiper pour mettre à l’épreuve l’organisation collective avec des machines plus complexes. Petit tour d’horizon des pratiques en Grand Est...

Au fait, on épand quoi ?

Historiquement, beaucoup de Cuma ont répondu à la demande d’adhérents qui sont passés progressivement aux normes et qui ont construit des fosses à lisier.

Avec les eaux de lavage, des fosses pas forcément couvertes et des types de bâtiment différents, la valeur fertilisante des effluents liquides n’est pas toujours très forte.

Les achats des années 90/2000 ont été propices à des équipements assez simples, ou l’aspect pratique et la facilité d’utilisation a été le premier critère. Des machines de capacité 9 à 14 m3 avec un bras de pompage latéral se sont achetées pour des budgets de moins de 2000 € par m3. 

Le développement de fermes d’élevage plus vastes, et des choix de bâtiments moins gourmands en paille ou avec des troupeaux laitiers présents à l’année en intérieur ont amené à devoir valoriser des produits liquides agronomiquement plus intéressants.

Les années 2000/2010 ont permis à certaines Cuma de passer à la taille au-dessus avec 16/18 m3 de capacité pour pouvoir aller épandre plus loin mais toujours avec des buses palettes dans la grande majorité des cas.

Ce n’est que depuis 2010 que des investissements spécifiques sur la partie épandage apparaissent avec des pendillard ou des enfouisseurs.

Dans un premier temps, ils ont concerné des Cuma ou certains gros élevages voulaient optimiser leur apports, mais depuis les dernières années la méthanisation s’invite dans certains groupes qui font le choix des outils d’épandage en collectif.

Avec encore des évolutions réglementaires en attente, certaines Cuma vont probablement programmer des renouvellements pour les respecter.

Les choses évoluent vite

Augmentation de capacité, objectifs d’apport à des dates ou des stades plus précis, qualité des apports pour éviter des pertes d’azote, voilà autant d’éléments qui ont fait évoluer le cahier des charges d’une tonne à lisier.

Les achats des 3 dernières années n’ont plus rien de comparable à la décennie précédente.

Les 36 machines achetées entre 2018 et début 2021 font en moyenne 16.8 m3 pour une valeur d’environ 61000 € hors accessoire arrière. Un enfouisseur ou un pendillard 12 à 15 m vont réhausser d’environ 20 à 30000 € l’investissement qui atteint vite les 100000 €, sans aller sur des niveaux d’équipement complexe ou des marques haut de gamme.

Contrairement à d’autres machines, une tonne à lisier reste longtemps dans la Cuma et dans certains cas les petites machines anciennes sont conservées et associées à des outils plus gros ou plus équipés.

Cela permet d’offrir des niveaux de services et des tarifs différents avec parfois 3 catégories (tonne 8/10 m3 1 essieu + tonne 16/18 m3 simple + tonne 18/20 m3 avec équipement arrière).

Les marques en présence

Sur les 200 machines du Grand Est en suivi, deux marques se détachent nettement , Joskin et Pichon, avec à elles seules deux tiers du parc.

Le réseau commercial, les conseils techniques avant achat pour trouver les bonnes options sont importants dans le choix des groupes d’autant plus que les utilisations sont variées.

A ce jeu, certaines marques font leur apparition avec des options et des conceptions plus propices à des gros volumes. Mauguin et en moindre mesure Samson ont équipé des Cuma ou la méthanisation s’est développée.

Le vieillissement est possible sur une tonne à condition d’entretenir la pompe et les trains roulants. Cela se vérifie avec un parc âgé en moyenne de près de 10 ans.

Et demain ?

Quelques Cuma ont saisi l’opportunité du plan de relance pour adapter ou renouveler leurs équipements aux nouvelles règles.

Des pendillards 12 à 16 m, des enfouisseurs, des pendillards à sabots sont en attente de livraison pour 2022. 

La prise de conscience que des effluents ne sont pas des déchets, mais bel et bien des engrais est là, même s' il aura fallu nombre d’années pour engager ces évolutions. Les Cuma vont y prendre leur part, même si la question de la prestation spécialisée se pose.

Aujourd’hui, aucune Cuma du Grand Est n’est équipée d'automoteur, mais certains groupes se rapprochent d’entreprises pour structurer des chantiers efficaces en capacité d’épandage journalière.

Les chantiers spécifiques d’épandage de digestat utilisent les mêmes outils mais sont à une autre échelle d’organisation logistique; mais ils auront probablement une influence dans pas mal de Cuma de la région.

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