L’envolée des prix doit avoir des retombées sur stratégies d’équipement

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L’envolée des prix doit avoir des retombées sur stratégies d’équipement
Quand on sait que les charges de mécanisation ont pour poste principal la traction et que l’on constate près de 5 % d’augmentation moyenne annuelle des prix d’achat des tracteurs neufs, il est nécessaire de se poser les bonnes questions avant d’investir. La tendance est claire, le matériel agricole coûte de plus en plus cher. Selon les types de machines, les raisons sont diverses et les stratégies d’achat risquent de varier.
Le tracteur, pièce maîtresse du système

Parmi les raisons de cette tendance, les normes anti-pollution impactent les automoteurs. En quelques années elles ont changé régulièrement avec à chaque fois du développement qui rehausse le prix du moteur. 

Avec 600 à 650 € par cheval de valeur à investir et une tendance à vouloir toujours plus puissant, le choix doit se réfléchir en prenant en compte l’adaptation des outils, la technologie utile ou encore la stabilité du besoin. 

Le tracteur de 180 ch est devenu la puissance charnière et représente un investissement de plus de 100000 € qu’il faut étudier de près pour avoir des prix de revient maîtrisés.

Quand on y ajoute la variabilité des revenus de ces dernières années, les raisons fiscales de changer un tracteur ne concernent plus grand monde et c’est plutôt un regard technique qu’il faut adopter.

1000 h pendant 5 ans ou 500 h pendant 10 ans font toujours les 5000 h au compteur du tracteur avec globalement les mêmes risques mécaniques. Le montage financier et comptable qui en découle n’est pas le même si l’on veut avoir des prix de revient corrects.

Avec des taux financiers bas ces dernières années, il ne faut pas avoir peur de durées de financement en 9 ou 10 ans, ce qui ne veut pas dire que l’on va conserver la même machine toute cette période. 

Un regard sur les valeurs de marché en occasion montre que la décote annuelle d’un tracteur s’est ralenti. Un travail d’analyse du réseau Cuma, dénommé « rayons X » montre que pour les tracteurs collectifs, la valeur résiduelle d’un modèle de 170 ch réalisant 700 h/an est en moyenne de 57 % à l’âge de 5 ans. 

L’approche globale en « coût de détention » a pour intérêt de montrer les grandes masses des charges annuelles.

Derrière la décote, vient le carburant qui oscille de 35 à 40 %, l’entretien qui varie de 9 à 13 % et en dernier les frais financiers de l’ordre de 3 %.

Les questions de demain sont donc plus techniques sur l’adaptation du tracteur aux outils, l’utilité de la puissance achetée,  l’énergie ramenée à l’unité travaillée, les contrats de maintenance …

Certains outils peuvent durer

Pour d’autres types de machines comme des bennes, chariots ou autre rouleaux, le raisonnement peut se tenir dans la durée puisque ce genre de matériel peut rester présent de 10 à 15 ans sans souci dans une exploitation.

L’obsolescence n’est pas la même quand les outils n’intègrent pas de technologies de pointe et gardent une fonction simple.

Il ne faut donc pas hésiter à solliciter des prêts plus longs. Par exemple, des accords régionaux récents entre la FR CUMA Grand Est et le Crédit agricole permettent de financer une benne avec des prêts sur 12 ans.

L’anticipation sera malgré tout de mise en évaluant la future valeur résiduelle à 5 ou 7 ans pour voir si la dépense annuelle reste logique la décote du marché ou l’état général du véhicule.

 

En conclusion,

Maîtriser ses charges de mécanisation c’est le résultat de nombreuses petites questions qui sont à se poser pour chaque machine ou plus exactement pour chaque travail à faire sur l’exploitation. 

Cela veut dire que la bonne réponse dans les années à venir pourra être de plusieurs ordres. 

Acheter à plusieurs, faire intervenir des prestataires, louer, echanger des services sont autant de pistes toujours d’actualité dans un contexte d’incertitude devenu permanent.


 
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