LA CASSE EN CUMA N’EST PAS UNE FATALITÉ

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Le problème de casse concerne la plupart des cuma mais les causes sont multiples. Si certaines casses s’expliquent par une utilisation plus intensive et de fréquents déplacements sur la route, beaucoup de casses sont évitables en mettant en place des règles simples. Voici le témoignage de plusieurs cuma d’Indre et Loire sur des solutions pratiques et efficaces pour lutter contre la casse
UNE FRANCHISE À LA CHARGE DE CELUI QUI CASSE
«A la cuma de St Flo, les casses sur le télescopique, c’était tous les mois : capot, garde-boue, vitres et systématiquement un à deux rétroviseurs», explique Emmanuel Magnan, président. Avec le changement de matériel, une réunion a été organisée entre les onze utilisateurs et le conseil d’administration. Les casses récurrentes ont lassé les administrateurs qui hésitaient à racheter un nouveau télescopique. Groupama aussi a réagi face à l’ensemble des sinistres et a proposé une franchise de 500€ pour limiter la hausse de la prime d’assurance. La réunion a permis au conseil d’administration de rappeler les règles d’entretien et de bon usage du matériel et d’informer les adhérents que désormais cette franchise serait à la charge de celui qui a cassé. Depuis, la situation s’est améliorée. Il y a peu de casses et pour celles de moins de 500€, l’adhérent répare sans déranger les responsables de la cuma.
Cette solution de franchise est simple et pratique à reproduire dans les autres cuma et pour d’autres matériels, notamment pour les protèges-cardans, l’éclairage, etc.

DES FAUCHEUSES BIEN ENTRETENUES
Dans certaines cuma, les responsables constatent des casses sur les faucheuses (roulements d’assiettes, boitiers, courroies, sécurités à frictions…). Ce type de casse est difficilement imputable à un seul adhérent, il faut donc que tout le monde s’implique. La Cuma peut s’organiser afin que les adhérents soient tous responsables d’au moins un matériel de cuma. Il faut que tous soient impliqués et ainsi responsabilisés sur l’entretien.
Par ailleurs, d’autres cuma ont une politique de renouvellement des faucheuses conditionneuses tous les 3 ou 4 ans. Bien que le cap de l’embauche d’un salarié soit difficile à franchir néanmoins cette possibilité est à étudier car elle permet d’améliorer le fonctionnement de la Cuma et répond à des problèmes de main-d’œuvre en période de pointe sur les exploitations.

SAVOIR APPLIQUER DES SANCTIONS
«A mon arrivée, la casse a été le premier enjeu à régler», explique Stéphane Charbonnier, président de la cuma de la Maulne. Avec près de 120 adhérents pour une cinquantaine de matériels, l’implication des adhérents est variable. Des dérives ont été constatées et en partie corrigées avec une règle simple : pour les casses, c’est l’adhérent fautif qui paie. «En cuma, on mutualise de l’usure, on ne mutualise pas de la casse», affirme Stéphane Charbonnier. Il a appliqué ce principe vis-à-vis d’un adhérent négligent qui a causé l’arrêt d’un épandeur (grosse casse pour 8.000€ de réparation) suite à une absorption de pierres. C’était la troisième grosse casse de cet adhérent. Même si c’est l’adhérent et son assurance qui ont pris le coût en charge, cet arrêt de plus d’une semaine a désorganisé le chantier et gêné les autres adhérents.
Après consultation de la FR Cuma, l’adhérent a été invité à venir s’expliquer devant le conseil d’administration de la cuma et a signé un engagement à respecter les matériels sous peine d’être exclu de la cuma en cas de nouvelle casse. Cette solution a marché non seulement pour cet adhérent mais a globalement sensibilisé l’ensemble des adhérents par le bouche à oreille.

UN MÉCANICIEN POUR DU MATÉRIEL TOUJOURS PRÊT
«La casse, ce n’est pas un gros problème dans notre cuma. Il y a un responsable par outil. Tout le monde joue son rôle», explique Willy Braud, le président du Val de Weude. En effet, la cuma avait une politique de renouvellement rapide pour avoir toujours du matériel en état. Sauf que cette politique a un coût avec des matériels neufs de plus en plus chers. Cette cuma a donc cherché une solution pour faire vieillir le matériel sans avoir de soucis de casse en pleine saison.
En 2014, la cuma a embauché un mécanicien confirmé pour l’entretien des 50 matériels de la cuma et de trois autres cuma voisines, soit un total d’environ 90 matériels auxquels s’ajoutent quelques matériels d’adhérents, ce qui respecte la règle d’un temps plein pour 100 matériels. «L’avantage d’avoir un mécano expérimenté, c’est qu’il a l’œil, il sait. Il voit les problèmes à l’avance.» Ainsi, les outils sont toujours prêts pour faire la saison.

C’EST TOUJOURS LE MEME QUI CASSE !
De nombreux responsables de cuma ont à gérer des casses difficiles à imputer à un adhérent précis, ou contestées par un adhérent de mauvaise foi. Sans oublier les mauvaises habitudes prises de toujours faire jouer l’assurance ou de ne pas impacter le coût des réparations à des adhérents négligents mais qui par ailleurs sont de bons collègues avec lesquels on s’entraide. Aucune situation n’est simple quand il faut étudier un cas précis. La FR CUMA propose des réunions d’échanges entre responsables de Cuma sur leurs expériences afin de trouver des solutions ensemble. Cet exercice permet de trouver des réponses et de mettre le doigt sur les aspects humains qui ne doivent pas empêcher l’application des sanctions.

CE QU’IL FAUT RETENIR
1/Le rôle important du conseil d’administration : prise de décision, mise en place de règles avant d’avoir les problèmes (règlement intérieur)
2/ application des sanctions prévues dans le RI
3/Ne pas laisser le président gérer seul ces problèmes (commission casse par exemple)
4/Vigilance des responsables de matériels
5/Responsabiliser les adhérents
6/ Nécessité d’une communication claire aux adhérents concernés.
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