Il était une fois… le désherbage mécanique en cuma

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moins phyto septembre
Que ce soit pour se convertir en bio ou juste pour diminuer l’utilisation de produits phytosanitaires, de nombreux adhérents bénéficient des outils mécaniques dans leur cuma. Mais comment choisir l’outil ? Comment s’organiser ?
Avant de soigner, il convient de préve-nir. La gestion en amont du salissement a des effets positifs aussi bien pour les exploitants en bio que pour les conventionnels. Pour les bios, l’entretien mécanique ou désherba-ge mécanique est le seul moyen de lutte curatif contre les adventices. Pour les conventionnels, cette tech-nique permet de limiter l’utilisation de produits phyto ou d’intervenir sur des adventices pour lesquelles la chimie n’offre pas de solution.

Quand les travaux mécaniques sont impossibles, le dernier recours reste le passage de l’écimeuse.

En complément des solutions mé-caniques, il existe des leviers agro-nomiques pour limiter le dévelop-pement des adventices : allonger les rotations, cibler les cultures net-toyantes, casser les cycles des adven-tices en intercalant les cultures de saisons, agir sur les dates de semis, etc. Hors aspect environnemental, le dés-herbage mécanique permet certaines économies sur le coût des produits mais reste gourmand en temps.


La soLution Cuma

La cuma est une solution pour des outils dont on ne se servira pas systématiquement en conventionnel.  Elle évite aussi le risque d’un surinvestissement. La plupart des ré-gions rendent ces investissements éligibles au plan de la compétitivité et de l’adaptation des exploitations agricoles (PCAE). Certaines cuma ont également acheté ce type de matériel pour accompagner les conversions en agriculture biologique de certains adhérents. Comme c’est souvent le cas pour les charges de mécanisation, « plus on augmente la surface, plus le coût du chantier est optimisé », note Mario Blond, conseiller en machinisme de la fdcuma d’Indre-et-Loire. Le désherbage mécanique exige un
semis soigné, un sol nivelé et demande un guidage précis pour préserver la culture. Par ailleurs, il ne s’adapte pas à tous les types de sol. Difficile de passer correctement un outil dans une parcelle caillouteuse ou en dévers. Cette méthode, plus économe en intrants, nécessite de remettre au centre de sa réflexion l’observation des cultures et des adventices, les rotations, les dates  d’intervention, les chantiers, le partage des outils. En effet, la réussite du désherbage mécanique se fonde sur des critères de raisonnement essentiels : le choix du matériel évidemment, la qualité des réglages,  mais surtout la date d’intervention selon le stade des adventices, l’état physique du sol et les conditions climatiques. Les cuma, en particulier, s’interrogent sur la polyvalence des outils, l’organisation des chantiers

Les différents outils


A la cuma des Cinq Clochers, les adhérents ont pu remarquer que chaque type de matériel présente des points de vigilance à observer et des atouts. La roto-étrille est un engin jugé plutôt agressif, présentant une efficacité sur le rang satisfaisante, mais plus délicat à régler et nécessitant un terrain plus uniforme que la herse étrille. Son agressivité se règle hydrauliquement par pression s’exerçant par vérin sur les bras de support des disques et par la hauteur des roues de jauge. Il faut viser 7 km/h au travail, sachant que ce paramètre influence le résultat. Les utilisateurs de la cuma des Cinq Clochers constatent que c’est un outil compatible avec la présence de débris végétaux, par exemple en situation de semis direct. Le réglage de la herse étrille se fait par la hauteur des roues et par l’inclinaison des dents (commandée hydrauliquement). Celles-ci gardent une plus grande souplesse que les doigts de roto-étrille. L’avantage de la herse étrille est le débit de chantiers élevé qu’elle permet : de 5 à 8 ha/h avec une version 12 mètres. Que ce soit la roto-étrille ou la herse, les interventions se font en plein. Quatre ou cinq jours après le semis, au stade « filaments blancs », une intervention à l’aveugle n’est pas à négliger. En effet, ce sont ces passages qui créent le décalage entre le maïs et les adventices, indispensable à la réussite de ces itinéraires, d’après les adhérents de la cuma des Cinq Clochers.

Bernard Coussot, l’ancien président de la cuma L’inattendue, fait partie des utilisateurs de la herse étrille rotative. Ses premières im-pressions : « Sur les céréales à paille, elle est plus efficace le long du rang que la herse étrille classique. Sur cette der-nière, les dents ont tendance à passer entre les rangs. Elle est plus agressive que la herse étrille et peut être passée un peu plus tard, par exemple à 3 feuilles sur du blé. » La vitesse de travail peut atteindre 7 km/h. Par contre, à faible vitesse, des inconvénients apparaissent : « En-dessous de 5 km/h, les cailloux ou les mottes qui se coincent entre les dents ne sont pas bien éjectés. » Une préparation de sol soignée
« plus qu’avec une herse étrille », s’im-pose donc. Un terrain uniforme est également souhaitable, pour un travail homogène. Au chapitre des limites, les utilisateurs de la cuma L’Inattendue citent aussi le suivi du sol en montée et en descente : « Il faudrait une lumière au troisième point et des roues de jauge à l’arrière. » Dernier point de comparaison avec l’étrille classique : « Le réglage est plus délicat. Il se fait en intervenant sur les roues (profondeur) et sur un distributeur hydraulique (agressivité). Un réglage individuel des étoiles par chaînette est également possible s’il faut moduler l’appui au sol sur la largeur. »

Retour à la cuma des Cinq Clochers. Avant de passer à la bineuse qui n’intervient qu’entre les rangs, il est primordial d’avoir bien désherbé en plein en amont (herse étrille ou roto-étrille). Le guidage (caméra ou palpeurs) permet un passage plus précoce qu’avec une bineuse simple. Conseil de la cuma des Cinq Clochers : sur le maïs, il faut veiller à descendre les disques protège-plants en fonction de la hauteur du maïs et avoir un sol bien nivelé. Christian Masserot, adhérent de la cuma des Collines, rappelle que « lors des printemps un peu froids, on observe vraiment un effet dynamisant du binage sur la croissance du maïs. »
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