Il était une fois... le déseherbage! Comment choisir les outils?

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Que ce soit pour se convertir en bio ou juste pour diminuer l’utilisation de produits phytosanitaires, de nombreux adhérents bénéficient des outils mécaniques dans leur cuma. Mais comment choisir l’outil ?
Même en tenant compte des avis et conseils des utilisateurs, il n’est pas facile de choisir le ou les outils répondant aux besoins, parfois très divers, des adhérents. Ainsi à la cuma des Compagnons de la Bouteille, pour passer au dés-herbage uniquement mécanique, la réflexion et les essais de différents outils ont pris quelques années. « Il fallait trouver quelque chose qui puisse s’adapter à toutes nos contraintes. » Finalement le choix s’est porté sur un appareil de marque Boisselet « Mais avec toute une panoplie d’ou-tils. Nous avons des lames interceps, des outils rotatifs à disques, à poils mé-talliques… pour s’adapter à toutes les situations. »

A la cuma L’Inattendue, la largeur des trois engins de désherbage est la même, 12 mètres, ce qui permet de garder le même jalonnage. En outre, elle s’inscrit dans les largeurs de semis des uns et des autres, ce qui permet un bon débit.
La cuma du Mesnil a choisi une bineuse Carré 6 rangs autoguidée par caméra et par palpeur, l’idée étant de faire face à la diversité des chantiers. Les caméras permettent d’intervenir assez tôt ou dans des maïs hétérogènes (à l’échelle intra-parcellaire), sous réserve que le maïs ne soit pas trop sale. A des stades plus avancés (tige rigide), les pal-peurs, tout comme les caméras, per-mettent de biner sans être ennuyé par le salissement.

Mais pour en savoir plus, allons voir la cuma de Margerie Hancourt, qui a investi, à l’automne 2018, dans plusieurs outils de désherbage mécanique.

Pour cela, ses adhérents ont établi un cahier des charges dans le but de définir un matériel adapté à leurs pratiques et leurs attentes. Mais avec une importante hétérogénéité des sols et des cultures (notamment céréales, maïs, betteraves, colza, tournesol), comment faire corres-pondre les besoins de chacun ?

La première idée fut d’investir dans un outil qui puisse à la fois biner des cultures en ligne, mais aussi des céréales. Une question s’est alors posée : quels sont les inter-rangs que l’on veut biner ? Un premier projet a alors été défini pour biner des cé-réales à 25 cm et du maïs à 75 cm d’inter-rangs, avec une largeur de travail de 48 rangs en céréales et 9 rangs en maïs, soit 12 mètres de large.

Cependant, différents freins com-promettaient ce projet. Le président de la cuma de Margerie Hancourt, Yves Durand, explique : « Les ad-hérents étaient réticents à l’idée de se-mer leurs céréales avec un inter-rang aussi large. De plus, la diversité des semoirs des adhérents, qui sont de 3, 4 et 6 mètres de large, allait poser pro-blème lors du passage de la bineuse sur plusieurs passages de semoir. »

Le projet a donc évolué vers un bi-nage à 20 cm d’inter-rangs en cé-réales et 50 cm en betteraves, colza et tournesol pour une largeur de travail de 6 mètres, d’autant plus que la cuma venait de renouveler son semoir avec le passage à un in-ter-rang de 50 cm pour les cultures de betteraves, colza et tournesol (et sans doute prochainement le soja) contre 45 cm
auparavant. « Le Changement de l’inter-rang de 75 à 50 cm dans le cahier des charges nous a permis de satisfaire un plus grand nombre d’adhérents et ainsi augmenter les surfaces à biner. En effet, la majorité des adhérents cultivent soit de la bette-rave, soit du colza ou du tournesol. A l’heure actuelle, la surface à biner est de 300 ha pour une douzaine d’adhé-rents », développe Yves Durand.

La cuma a alors étudié le marché de cette machine. Finalement, il a été décidé d’investir dans deux bi-neuses : une pour les céréales et une pour les cultures en ligne.

Il a aussi fallu tenir compte de la surface importante, nécessitant un débit de chantier élevé. Le choix a donc été fait d’équiper les bineuses avec un double système de guidage optique par caméra, qui permettra de soulager le chauffeur mais aussi de pouvoir relever les éléments de binage automatiquement dans les pointes.

De plus, les adhérents de la cuma de Margerie Hancourt souhaitaient que le passage de la bineuse puisse leur permettre d’apporter différents éléments à la culture en place. « Le plus important pour les bineuses, c’est qu’elles soient modulables » explique Yves Durand, et permettent un ap-port à la culture en place. Ainsi, il a été demandé des équipements sup-plémentaires aux constructeurs : d’une part, un système porte-jets sur chaque rang, dans le but d’ap-pliquer soit un engrais liquide, soit une substance de croissance uni-quement sur le rang afin de réduire la dose appliquée à la parcelle, et d’autre part un système de distri-bution pour le semis des couverts végétaux dans l’inter-rang.

En conclusion, la cuma de Margerie Hancourt a acheté six matériels : deux bineuses Carré de 6 m, l’une à céréales et l’autre pour les cultures en ligne, une herse étrille Carré de 12 m, une trémie frontale Carré destinée à la fertilisation localisée (en couplage avec la bineuse), une rampe de semis Maschio Gaspardo à combiner avec la trémie frontale et un semoir monograine de 50 cm d’écartement. Une houe rotative viendra sans doute compléter pro-chainement le parc.
Si « initialement, l’idée était d’inves-tir dans une bineuse capable de tra-vailler à la fois les cultures en ligne et les céréales », la cuma de Margerie Hancourt a finalement opté pour la création d‘une boîte à outils avec plusieurs matériels, qui permet-tra in fine de faire des tests et pour chaque adhérent de démarrer à son rythme.

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